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Gaveau Saison 2018 - 2019

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JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano

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« Il y a des barbares dépourvus de toute ouïe qui  s’entêtent à vouloir faire de la musique ». « Ce plat n’est pas pour les dents de mes viennois ». Ces critiques, dont la dernière vient de l’empereur Joseph II, semblent surréalistes aujourd’hui et annoncent pourtant le rejet dont Mozart va faire l’objet vers la fin de sa vie. Traversée par une grande tensiondramatique, l’Adagio KV 540 est une œuvre véritablement autobiographique, ce qui est rare chez Mozart, comme est rare dans ses compositions l’emploi de la tonalité de si mineur. La grande force de cette musique se révèle dans l’apaisement des sentiments tragiques qu’elle suscite tout d’abord, pour aboutir à une sérénité inattendue dans les dernières mesures. L’esprit libre et heureux qui se manifestait quatre ans plus tôt dans les ludiques Variations sur un Thème de Gluck, n’ a pas été vaincu par le destin.

 

Également invaincu, tel trouve-t-on Beethoven face à l’autorité abusive, dans l’« Appassionnata ». C’est le même Beethoven qui refuse à son protecteur, le prince Lichnowsky, de divertir au piano les officiers français de l’armée de Napoléon, qui occupent le château de ce dernier. Le prince fait défoncer la porte de la chambre où Beethoven s’est enfermé et trouve son protégé brandissant une chaise et prêt à s’en servir. Quelqu’un s’interpose et Beethoven quitte les lieux. Celui-ci fera parvenir à son bienfaiteur une lettre restée fameuse : « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven – signé : Beethoven ». Cette œuvre recèle une joie profonde, celle qu’on éprouve lorsqu’on triomphe de soi-même.

 

En deux siècles, les 24 Préludes de Chopin ont véritablement suscité un déluge d’associations poétiques les plus diverses, et malgré tout, leur modernité comme leur mystère, restent intactes. Peut-être l’élan improvisateur qui est à l’origine de leur composition refuse-t-il de se laisser enfermer dans une forme rigide, fixée d’avance par la pensée ? D’où cette question laissée sans réponse, qui resurgit parfois dans ces œuvres, si brèves qu’elles semblent sorties d’un rêve dans un rêve : De quoi sont-elles le prélude ?

 

Au regard des bouleversements politiques qu’il a subi, il n’est pas étonnant que le peuple polonais, puis le monde entier, se soient pris d’un tel engouement pour cette démonstration de dignité retrouvée qu’est la polonaise en tant que danse tout d’abord, puis sous forme musicale. La polonaise  remonte en effet au XVIIe siècle,  à la  « danse marchée » (Chosdony en polonais), un lent défilé des nobles en tenue d’apparat à travers les pièces de leur château. Elle va finir par devenir un symbole de la résistance politique. Si Chopin a composé sa première polonaise à l’âge de 7 ans, il va peu à peu faire éclore dans son écriture de nouvelles possibilités d’expression,  à travers la découverte personnelle d’une virtuosité pianistique encore inconnue de ses contemporains.

Programme

  • MOZART : Adagio KV 540 et Variations sur un thème de Gluck KV 455
  • BEETHOVEN : Sonate N°23 op.57 Appassionata
  • CHOPIN : 24 Préludes, Polonaise op.53 « Héroïque » 

 

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  • Mercredi 3 avril
    20H30

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