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Gaveau Saison 2021 - 2022

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Conférence : Pourquoi la Corse n’est-elle pas devenue indépendante au XVIIIème siècle ?
Son Excellence l'Ambassadeur Laurent Stéfanini

Laurent Stéfanini

Abonnement : 5 conférences achetées, une conférence offerte
(renseignements à la billetterie, sur place ou par téléphone)

 

 « Pourquoi la Corse n’est-elle pas devenue indépendante au XVIIIème siècle ? »

Ile de la Mer Tyrrhénienne, la quatrième en superficie de la Méditerranée, après la Sicile, la Sardaigne et Chypre qui la devance de peu, la Corse a toujours été « rattachée », « unie » et a suivi le sort du « Continent » qui l’entoure, sauf pendant une brève période, au XVIIIème siècle, au cours de laquelle elle a sans succès, recherché son indépendance. La Cyrnos des Comptoirs grecs de l’antiquité, la Corsica, province sénatoriale au cœur de la Rome antique où fut exilé Sénèque pendant huit ans, l’île convoitée par les Vandales et les Sarrasins d’Afrique du Nord comme par l’Empire d’Orient de Justinien et de ses successeurs, fut finalement rattachée au patrimoine de Saint-Pierre et partagée par le Pape entre Pise et Gênes. Elle deviendra, après de brefs épisodes aragonais et français, possession de la République de Gênes pendant près de quatre siècles.
C’est face à Gênes et à sa mauvaise administration qu’elle se révoltera à partir de 1729 mais vingt-cinq ans de guerres civiles et étrangères ruinant l’île, déboucheront sur une fragile autonomie pendant une quinzaine d’années de 1755 à 1769, minée de l’intérieur par les divisions des Corses, handicapée par l’isolement et les erreurs politiques du « Doge suprême du royaume de Corse », Pascal Paoli et finalement anéantie par la convoitise des deux grandes puissances de la Méditerranée du moment, la Grande-Bretagne et surtout la France, qui avait pour elle la proximité et une longue pratique de la Corse depuis la Renaissance.
Cette indépendance Corse rêvée, assez populaire dans l’Europe des élites du temps pour lui valoir un « projet de constitution pour la Corse » de JeanJacques Rousseau, publié en 1768, s’effacera derrière la détermination de la France et du « parti français » au sein des Corses, majoritaire en 1770. Lors de l’audience d’hommage au Roi Louis XV du 22 mars 1771, à Versailles, le Président des Etats de Corse, Monseigneur Ange-Edouard Stéfanini, évêque de Sagone, lui annoncera la gratitude de la Nation Corse « pour avoir fait cesser les maux qui pesaient sur [le pays] et remplacer les tempêtes d’une guerre dévastatrice par le sourire de la paix. Que ne vous doit-il pas, ô Sire, pour avoir clarifié ses intérêts, le dirigeant vers l’agriculture, le commerce, l’industrie et les sciences, sources inextinguibles de prospérité ? ».

 

 

Laurent STÉFANINI
Ambassadeur de France en Principauté de Monaco
Doyen du corps diplomatique

 

Né le 15 août 1960, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'Institut d'études américaines (New York University), M. Laurent STÉFANINI est nommé au Ministère des Affaires étrangères en 1985, à sa sortie de l'ENA (promotion « Léonard de Vinci »).

Après 4 ans à la direction des affaires juridiques de 1985 à 1989 (droit international public général, droit de la guerre, humanitaire et du désarmement, droit de la mer et de l'antarctique), puis au secrétariat général de la présidence française des Communautés européennes (1989), il est devenu premier secrétaire à la mission permanente de la France auprès des Nations unies, à New York, de 1989 à 1992, en charge des questions de désarmement et politico-militaires, et de certains dossiers traités au Conseil de sécurité (première guerre du Golfe et son suivi, Commission pour l'élimination des armes de destruction massive irakiennes).

Entre 1992 et 1996, il travaille à la direction des affaires économiques et financières du Quai d'Orsay en tant que sous-directeur de l'environnement et des coopérations sectorielles (questions internationales d'environnement et de développement durable, d'énergie, de transport, de pêche et de télécommunication par satellite).

De 1996 à 2001, il devient Chef adjoint du Protocole, en charge d'organiser les déplacements à l'étranger du Premier ministre et les déplacements en France de chefs d'Etat et de Gouvernement étrangers.

Ministre conseiller de l'Ambassade de France près le Saint-Siège (Rome) de 2001 à 2005, chargé d'affaires de décembre 2001 à juin 2002, il est ensuite conseiller pour les affaires religieuses du Quai d'Orsay, de 2005 à 2006.

A cette date, il est nommé ambassadeur délégué à l'environnement, en charge des négociations internationales dans ce domaine et de la coordination interministérielle à cette fin.

De mai 2010 à avril 2016, il est le Chef du protocole, introducteur des ambassadeurs, responsable, entre autre, d'organiser les déplacements du Président de la République et les sommets internationaux. Il a en parallèle été secrétaire général de la présidence française du G20 et du G8 de 2011.

Il assume les fonctions d'ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l'UNESCO, d'avril 2016 à septembre 2019.

Depuis le 16 septembre 2019, Laurent STÉFANINI est ambassadeur de France en Principauté de Monaco et Doyen du corps diplomatique.

Laurent STÉFANINI a toujours eu des activités enseignantes. Il est l'auteur d'articles divers sur des sujets d'histoire et de relations internationales. Il a dirigé et écrit en collaboration l'ouvrage « à la table des diplomates ».

Il est Officier de la Légion d'Honneur et de l'Ordre national du Mérite, Commandeur des Palmes académiques et de l'Ordre des Arts et des Lettres, titulaire de plusieurs Ordres étrangers et membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques.

Interprètes

  • Laurent STÉFANINI, conférencier

DATES

  • Lundi 13 février
    19H00

TARIFS

  • Tarif unique
    20,00 €