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Gaveau Saison 2021 - 2022

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Jazz à Gaveau : Kyle Eastwood, Cinematic

Kyle Eastwood

© Jérôme Bonnet

Le tarif Carré d'or VIP comprend une place située en carré or, et à l issue du concert une rencontre avec l artiste dans un salon de la Salle Gaveau (possibilité de prendre une photo devant le photocall), et un verre offert. 

 

Avec une dizaine d’albums à son crédit, Kyle Eastwood n’a pas cédé sur son désir. S’il fait des apparitions, plus jeune, sur les écrans, il décide au sortir de l’adolescence de se consacrer au jazz. Tout en composant plusieurs musiques pour son père (Mystic River, Million Dollar Baby ou Letters From Iwo Jima), il confirme sa carrière de leader au fil des ans. Contrebassiste et bassiste, il demeure fidèle à une approche traditionnelle et mélodique du jazz, qu’il enrichit souvent d’ornements lyriques. « Le cinéma est ma seconde passion » avoue-t-il. Il paraissait donc naturel, qu’aujourd’hui, son quintet se penche sur les bandes originales de film. L’album s’ouvre sur Bullit, célèbre pour sa course-poursuite à travers les rues de San Francisco, dont la bande-son est signée Lalo Schiffrin. Une version enlevée, où la contrebasse ductile de Kyle Eastwood se détache de l’ensemble, préparant le terrain au piano facétieux d’Andrew McCormack. S’ensuit le thème de Taxi Driver, écrit par Bernard Hermann, le compositeur d’Alfred Hitchcock, dont l’inquiétante introduction rappelle les balades de Travis (Robert de Niro), la nuit, en taxi new-yorkais. Pour ce faire, le saxophoniste Brandon Allen et le trompettiste Quentin Collins renouvèlent une mélodie connue de tous. En compagnie de la chanteuse Camille Bertault, le quintet donne, en outre, une relecture rythmée des Moulins de mon cœur, hymne nostalgique de Michel Legrand. Le thème suivant, The Eiger Sanction, a été écrit par John Williams pour Clint Eastwood. Point d’orchestration symphonique, chère au compositeur attitré de George Lucas, mais une formation resserrée, où se distingue le jeu sensuel du pianiste Andrew McCormack. Quant aux cuivres, toujours à l’unisson, ils redoublent de vigueur. La mélancolie n’est pas en reste, grâce à la voix caressante du chanteur Hugh Coltman, sur le thème de Gran Torino, composé par les Eastwood père et fils. Le groupe ne se prive pas, non plus, d’un peu d’humour, avec le classique d’Henry Mancini, Pink Panther Theme. A son écoute, on se surprend à penser que cette ritournelle était d’abord une œuvre de jazz raffinée. Pas de musique de film sans Ennio Morricone, qui conçut la ballade du long-métrage « Vertiges », Per Le Antiche Scale. Toute la poésie du génie italien est subtilement évoquée par le pianiste du groupe, très sensible au jeu de Kyle Eastwood. Ce dernier s’approprie, par ailleurs, une autre musique d’Henry Mancini : celle du film Charade, du regretté Stanley Donen, qui mettait en scène Audrey Hepburn, plongée dans une histoire troublante. Parfaitement unis, les musiciens donnent une interprétation exigeante de ce thème, transcendée par les arrangements audacieux de Brandon Allen. Les propres compositions de Kyle Eastwood ne sont pas négligées pour autant. Unforgiven (Impitoyable) est repris en trio avec contraste et profondeur. La chanson de Skyfall, l’un des derniers James Bond, est, quant à elle, traitée de manière singulière, laissant libre cours aux improvisations inventives des jazzmen. Enfin, un instrumental épuré de Gran Torino contribue à parfaire cet hommage réussi. Kyle Eastwood a fait sienne la phrase de Marcel Proust « Le vrai voyage de découverte ne consiste pas à chercher
de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux ». Par son approche humble et respectueuse de ces musiques, connues du plus grand nombre, il remet au goût du jour des œuvres originales devenues, avec le temps, des classiques.

 

Kyle Eastwood

 

Fils de Clint, mais avant tout talentueux contrebassiste de jazz et compositeur de musiques de film dont Gran Torino, Mystic River, Million Dollar Baby, Lettres d'Iwo Jima et Invictus, Kyle Eastwood est l’auteur de huit albums dont le dernier, "Cinematic", est une variation sur des thèmes cultes du cinéma. Le quintet de Kyle Eastwood y sublime la ballade de Gran Torino, y fait swinguer Pink Panther et groover le thème de Skyfall.

 

Après avoir fait paraître en 1998 un tout premier disque en leader, “From There to Here”, ancrant résolument ses références dans l’âge d’or du jazz orchestral des années 50, Kyle Eastwood aura passé l’essentiel des années 2000 à repousser toujours plus loin les frontières de son univers musical. Au fil d’albums aussi éclectiques que raffinés, il a décliné avec beaucoup d’élégance et de savoir-faire toute l’étendue de ses goûts musicaux, flirtant tour à tour avec l’électro-jazz cool et sophistiqué, le smooth jazz aux accents « seventies » et résolument groovy, jusqu’au manifeste “arty”, chic et urbain, subtilement métissé.


Fort de cette exploration érudite des tendances de la pop music mondialisée contemporaine, le contrebassiste semble avoir trouvé sa voie, celle d’un retour à un jazz plus direct, lyrique et mélodique. L’album “Songs from the Château” enregistré en 2011 amorce cette nouvelle phase de sa carrière, qui répond à sa quête d’une relation à « la tradition » à la fois réaffirmée et renouvelée. A la tête d’un tout nouveau quintet composé de jeunes musiciens anglais talentueux, parfaitement en phase avec ses partis-pris musicaux, le contrebassiste y posait les jalons d’une musique mélodieuse et pleine de swing, à la fois simple dans ses formes et raffinée dans son expression.


Les trois disques suivants, “The View From Here”, “Timepieces” puis « In Transit », parus respectivement en 2013, 2015 et 2017 sur le label Jazz Village, confirmèrent avec brio la nouvelle orientation esthétique du musicien
accompagné de sa formation, qui renoue avec l’essence même du jazz en s’appropriant quelques-unes de ses formes archétypales, mais surtout, en fondant pour une grande part son discours sur le plaisir du jeu et de l’interaction collective. Cette période marque une sorte d’aboutissement du vaste mouvement introspectif, à la fois personnel et esthétique, entrepris par le contrebassiste aux fondements même de sa vocation de musicien.

Interprètes

  • Kyle Eastwood, Contrebasse et Basse
  • Andrew McCormack, Piano
  • Chris Higginbottom, Batterie
  • Quentin Collins, Trompète et bugle
  • Brandon Allen, Saxophones

DATES

  • Samedi 6 novembre
    20H30

TARIFS

  • Carré d'or VIP
    60,00 €
  • Catégorie 1
    40,00 €
  • Catégorie 2
    35,00 €